Sommaire


dessin de Trub
Le flash

Quelques chiffres - Principes de fonctionnement - Conseils généraux - Eclairage direct - Eclairage indirect - Mode manuel - Eclairage mixte - Eclairage d'appoint - Techniques spéciales - Equipement


1. Définitions

Source de lumière artificielle, de brève durée, produite soit par la combustion d’un métal dans une atmosphère d’oxygène - cas des flashes magnésiques, pratiquement disparus –, soit par la formation d’un arc électrique provoquée par la décharge de l’énergie électrique (stockée dans un condensateur) dans une ampoule emplie de gaz rare, le xénon - cas des flashes électroniques.

Synchronisation
Déclenchement simultané du flash et de l’obturateur afin d’obtenir l’éclairage complet du sujet. La vitesse de synchronisation est variable suivant les appareils photographiques (voir ci-dessous). Sur les appareils anciens, on trouve plusieurs prises flash; utiliser la prise «X» pour le flash électronique.

Nombre-Guide
Chiffre correspondant à la puissance du flash; abréviation NG. Généralement donné pour 100 ISO, il permet de calculer le diaphragme en fonction de la distance du sujet : diviser ce chiffre par la distance. Par exemple, nombre-guide du flash 28, distance 4 mètres, soit une ouverture entre f:5.6 et f:8. Ces calculs sont maintenant inutiles avec les flashes électroniques automatiques, mais il est bon d’en connaître le principe pour réussir des photos même lorsque les dispositifs électroniques sont défaillants!


2. Quelques chiffres

Durée de l’éclair: Entre 1/1000 et 1/30 000 de seconde.
Durée de recharge entre deux éclairs: 5 à 10 secondes.
Nombre d’éclairs: 100 (très variable).
Température de couleur: 5000 à 6000° K (légèrement plus bleue que la lumière du jour - voir la fiche technique "Température de couleur").
Nombre guide (NG): Pour mémoire, une puissance moyenne correspond à un nombre-guide de 27 à 35 pour une sensibilité de 100 ISO.
Vitesse de synchronisation («X»): De 1/60 à 1/250 de seconde; la vitesse la plus courante étant le 1/125. En cas de doute, choisir 1/60 de seconde.
Vitesse de la lumière: Environ 300 000 km/seconde.


3. Principes de fonctionnement

La plupart des flashes étant équipés d’un «computer» (cellule photoélectrique couplée à un dispositif électronique), il nous semble nécessaire d’en exposer brièvement le principe de fonctionnement.
La lumière libérée au moment du déclenchement frappe le sujet; une partie est absorbée par le sujet et le milieu environnant et une grande partie est réfléchie vers l’appareil où elle est mesurée par la cellule photosensible. Dès que la quantité de lumière nécessaire pour assurer une exposition correcte de la pellicule utilisée est atteinte, le calculateur interrompt l’émission de lumière et l’énergie inutilisée est récupérée pour l’éclair suivant.

Ce simple exposé permet de comprendre les avantages mais aussi les limites de ce système, et donc d’envisager les précautions à prendre : la cellule ne doit pas être masquée; son champ de lecture doit correspondre à la plage photographiée; si le sujet est brillant ou très réfléchissant, la mesure de la cellule sera faussée et le sujet sera sous-exposé; si le sujet est petit et situé dans un environnement sombre, la mesure sera également faussée par le peu de lumière réfléchie et le sujet sera surexposé; enfin, le calculateur doit "savoir" quelle est la sensibilité du film utilisé afin de stopper l’éclair du flash quand la quantité de lumière émise est suffisante.


4. Conseils généraux d'utilisation

Le film à utiliser est le type «lumière du jour» (normal); si les résultats obtenus sont trop «froids» (c’est-à-dire bleutés) ajouter un filtre ambre (rose léger), filtre qui pourra d’ailleurs être utilisé avec profit en montagne, sur la neige ou pour les photos prises d’avion. Voir la fiche technique "Température de couleur".

Sauf cas spéciaux, ne pas utiliser de flash à moins d’un mètre et à plus de 7 mètres du sujet.

Sans diffuseur, un flash normal ne couvre que le champ d’un objectif de 35 mm (28 mm avec diffuseur et 24 ou 20 mm pour certains flashes).

Choisir une vitesse de synchronisation égale ou inférieure à celle prévue sur l’appareil (repérée en général par une couleur différente, ou position «X», ou symbole d’un éclair). Il ne faut pas craindre de régler l’appareil sur une vitesse lente: étant donné l’extrême brièveté de l’éclair (cf. chiffres ci-dessus), tout mouvement sera figé par l’éclair et les risques de bougé sont pratiquement nuls, sauf si l’on se trouve dans un endroit très clair; on peut ainsi profiter des avantages de l’éclairage mixte (voir le point 8).

Dès l’achat du flash (ou s’il n’a pas servi depuis longtemps), faire une série de photos en utilisant les différents réglages, à différentes distances et, si possible, dans des conditions différentes (intérieur, extérieur, pièce claire, pièce sombre, etc.); étudier les résultats et noter sur le mode d’emploi les corrections nécessaires.

Disposer d’un cordon prolongateur d’au moins soixante centimètres, de préférence un cordon spirale.

Veiller à ce qu’il n’y ait pas de vitre, miroir ou surface très réfléchissante dans la zone de prise de vues.

Le témoin de charge s’allume dès que le flash est rechargé à 70-75%; il faut donc attendre un peu plus longtemps si l’on veut disposer de la puissance maximale.

Enlever les piles du flash en cas de non-utilisation prolongée; pour diminuer le temps de charge et disposer de la totalité de la puissance, n’utiliser que des piles alcalines neuves. Si le flash est alimenté par des accus rechargeables, il faut les entretenir pour qu’ils puissent emmagasiner la charge maximale: à intervalles réguliers recharger le flash, faire une cinquantaine d’éclairs et recharger à nouveau le flash avant de le ranger.


5. Eclairage direct

C’est le type d’éclairage le plus utilisé, surtout en fixant le flash sur l’appareil; dans ce cas, les résultats sont souvent décevants: sujet «écrasé», ombres très fortes, contraste élevé, sujet avec les yeux rouges. Aussi, pour améliorer les photos prises en éclairage direct au flash, il est préférable:
  • De ne pas fixer le flash sur l’appareil, mais de le placer à une trentaine de centimètres sur le côté, dirigé vers le sujet;
  • Si le sujet est proche, de reculer le flash, légèrement sur le côté;
  • De placer un voile léger ou un mouchoir (blanc) sur le réflecteur, mais sans masquer la cellule du «computer»;
  • En intérieur, d’allumer l’éclairage normal (autour et derrière le sujet) et d’utiliser une vitesse de 1/30 de seconde. Cette technique permet de diminuer les contrastes dus au flash et de «réchauffer» un peu l’ambiance (voir le point 8 «Eclairage mixte»).

6. Eclairage indirect

On obtiendra de meilleurs résultats en utilisant la méthode de l’éclairage indirect. Dans ce cas, l’éclair du flash n’est pas dirigé vers le sujet mais sur une surface réfléchissante (mur, plafond, carton, etc.) sous un angle tel que la lumière parvienne ensuite au sujet, soit environ 45 degrés. Si l’on veut éviter d’éventuelles dominantes, utiliser une surface blanche ou grise.

Certains modèles de flashes sont équipés à cette fin d’un réflecteur orientable (verticalement le plus souvent, mais aussi latéralement ou dans les deux sens). Si l’on ne dispose pas d’un tel flash, on arrive au même résultat en orientant le flash lui-même après l’avoir désolidarisé de l’appareil photo. Dans les deux cas, la cellule du «computer» doit rester dirigée vers le sujet; si ce n’est pas possible (en particulier en cas d’orientation de tout le flash), utiliser le flash en mode manuel sinon la cellule mesurerait la lumière sur la surface réfléchissante et non sur le sujet.

La distance totale entre le flash, la surface de réflexion et le sujet doit être égale ou inférieure à la portée maximale du flash, soit 7 à 8 mètres.


7. Mode manuel

Mesurer le plus exactement possible la distance totale flash–[surface de réflexion]–sujet. Tous les flashes disposent d’un tableau ou d’une échelle donnant, pour chaque sensibilité de film, le diaphragme à utiliser en fonction de la distance. Afficher sur l’appareil l’ouverture recommandée par le tableau en tenant éventuellement compte de l’absorption de lumière due à la surface réfléchissante (ouvrir d’un diaphragme environ pour une surface mate).

Dans la mesure du possible, faire des essais préalables ou faire plusieurs photos du sujet avec différents réglages. Tenir compte du pouvoir réfléchissant du sujet: si le sujet est très clair ou lumineux, il compensera la perte de lumière due à la surface de réflexion; s’il est sombre, il faudra ouvrir le diaphragme de une demie à une division supplémentaire.


8. Eclairage mixte

Le mélange de la lumière du flash avec celle des lampes à incandescence permet de donner une tonalité plus chaude à l’image, de restituer une ambiance, d’adoucir les contrastes et d’éliminer en partie les ombres portées. Pour que l’influence de cette lumière d’ambiance soit sensible, il faut régler l’appareil sur une vitesse relativement lente (1/30 ou 1/15) afin que la pellicule ait le temps d’être partiellement impressionnée. Bien entendu, l’exposition devra être quelque peu compensée pour tenir compte de cette lumière supplémentaire (un diaphragme plus fermé comme base de départ).

Signalons l’existence de certains flashes disposant de deux réflecteurs ou d’un dispositif assurant la déviation d’une partie de l’éclair. Il s’agit là d’un système très intéressant pour les photos de personnes car il permet de bénéficier des avantages de l’éclairage indirect tout en supprimant certains de ses inconvénients («mollesse», ombres) et sans devoir utiliser deux flashes (technique plus complexe).


9. Eclairage d'appoint

Contrairement à ce que l’on pense souvent, un flash n’est pas seulement destiné aux photos d’intérieur - c’est même souvent à l’extérieur que l’on obtient les meilleurs résultats (contrejours ou grande différence d’éclairement entre le premier plan et le fond, par exemple). Sauf avec certains appareils assurant la mesure automatique TTL au flash, cette opération devra se faire en mode manuel et l’expérimentation est indispensable.dessin de Trub

En règle générale, il faut que la lumière donnée par le flash sur le sujet soit à peu près équivalente, ou mieux légèrement inférieure, à la lumière ambiante la plus forte. Il faut donc mesurer la lumière la plus forte (en fonction de la vitesse de synchronisation choisie) et régler le flash pour qu’il donne autant de lumière ou un peu moins. Il est quelquefois nécessaire de fermer le diaphragme de une demie à une division supplémentaire pour tenir compte de l’apport de lumière du flash. Des essais sont nécessaires pour bien maîtriser cette technique très intéressante.


10. Techniques spéciales

10.1. Open Flash
Il existe sur tous les flashes un bouton servant à déclencher l’éclair à volonté (quelquefois marqué «test» car il sert aussi à vérifier le bon fonctionnement du flash). Cela permet en fait d’éclairer des endroits de grandes dimensions (même à l’extérieur) et/ou de faire des effets d’éclairage multiple. Il est seulement indispensable que le sujet ou l’endroit en question soit le plus sombre possible car l’appareil devra être mis sur pose («B») pendant que l’on déclenche le flash autant de fois que nécessaire pour tout éclairer (généralement en changeant de place). Cette technique est très utile et assez simple à condition de préparer soigneusement la prise de vues pour que les éclairs se recouvrent le moins possible, ce qui créerait des zones surexposées.

10.2. Flash supplémentaire
Il est vivement conseillé, pour obtenir des résultats plus harmonieux, d’utiliser un flash supplémentaire de puissance inférieure à celle du flash principal et que l’on dirigera sur le fond ou sur le côté du sujet (par exemple). Cette technique d’éclairage n’entre pas dans le cadre d’un cours d’initiation, mais signalons pour mémoire l’existence d’un accessoire très utile (voire indispensable): une cellule de déclenchement à distance. Raccordée au flash d’appoint, cette cellule dite d'asservissement reçoit l’éclair du flash principal, commandé par l’appareil, et déclenche en même temps le flash supplémentaire. Pour le réglage du diaphragme, penser à tenir compte de l’apport supplémentaire de lumière.

10.3. Filtres
Si l’on fixe sur l’objectif un filtre coloré, on obtiendra une dominante correspondante. En plaçant sur le réflecteur du flash un filtre de la couleur complémentaire (jaune pour bleu, etc.), on annule cette dominante dans toute la zone couverte par l’éclair du flash, et dans cette zone seulement, d’où des effets intéressants ou surprenants (sujet éclairé normalement se détachant sur un faux ciel d’orage ou de coucher de soleil, par exemple).

10.4. Mouvement
Vu la vitesse extrême de l’éclair du flash, il pourra figer n’importe quel mouvement (attention cependant à l’influence de la lumière ambiante). Cette caractéristique peut en outre être habilement exploitée pour avoir un sujet net sur un fond entièrement flou, en bougeant, déplaçant ou tournant l’appareil. Il est évident que cette technique demande beaucoup d’essais avant d’obtenir des résultats parfaits. Voir aussi la fiche technique "le Filé".

10.5. Effet stroboscopique
Prolongement de la technique précédente et de celle de l’"Open Flash", il s’agit de décomposer le mouvement, sur un même cliché, par une succession très rapide d’éclairs. Il existe des flashes spéciaux (stroboscopes) à usage scientifique, mais un flash «normal» permet de réaliser cet effet à condition: d’être à récupération d’énergie, que le sujet soit très proche et sur un fond noir et que le mouvement ne soit pas trop rapide pour que plusieurs éclairs se déclenchent avant la fin du mouvement. La technique est simple, mais l’obtention de bons résultats l’est un peu moins.


11. Equipement

Vu le nombre de flashes existant sur le marché, il n’est pas possible de donner ici des conseils d’achat. Il convient cependant de s'assurer que le flash sera compatible avec toutes les fonctions de l'appareil, en particulier les modes automatiques, ce qui n'implique pas que l'on doive nécessairement acheter un flash de la même marque que l'appareil. Sur un plan général, deux options se présentent:

  • soit achat d’un seul flash de puissance «moyenne supérieure» (nombre guide d’au moins 30 pour un film de 100 ISO), avec réflecteur orientable ou double réflecteur, éventuellement spécialement conçu pour un modèle précis d’appareil photo;
  • soit achat de deux flashes, dont l’un des deux sera moins puissant et plus simple, et d’une cellule d’asservissement.
La deuxième formule, bien que plus onéreuse, est la plus souple puisqu'elle permet de faire face à toutes les situations; elle sera notamment très utile en voyage où il est rare que l'on puisse, ou veuille, s'encombrer d'un gros flash. Dans les deux cas, il est très intéressant que le flash puisse fonctionner sur accus rechargeables et sur piles.

Signalons, pour mémoire, qu'il existe aussi des flashes spécialement conçus pour des applications particulières:
  • flash annulaire que l'on fixe à l'avant de l'objectif, notamment pour la macrophotographie, qui permet d'éclairer uniformément un sujet de petites dimensions;
  • flash étanche pour la photo sous-marine;
  • flash infra-rouge donnant un éclair invisible à l'œil mais exposant une pellicule infra-rouge;
  • flash à très longue portée dont le faisceau lumineux très concentré permet d'éclairer un sujet situé à une cinquantaine de mètres.


En conclusion, je vous souhaite de réussir vos photos faites en suivant ces conseils "éclairés".


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