![]() Sommaire |
|
30ème festival international de Trélazé
3, 4, 5 mars 2006
Pour la trentième édition de ce festival international, la capitale de l'ardoise avait revêtu sa belle robe blanche pour accueillir les nombreux festivaliers venus d'Angleterre, d'Italie, de Belgique et bien évidemment de France. En effet la neige est tombée en abondance sur la région. Heureusement, le dimanche les organisateurs avaient commandé le soleil qui, enfin revenu, brillait dans un ciel d'azur.Cette édition qui s'est déroulée dans la salle Aragon restera celle de la disparition des montages argentiques. L'ère du tout numérique permettra maintenant aux collectionneurs de conserver les bons vieux matériels d'hier pour offrir plus tard des expositions intéressantes sur le passé argentique. Pendant ces trois jours, Albert Alloyeau, invité d'honneur, nous a présenté sa superbe collection de matériels de projection d'un autre âge. Que de transformations en plus de 50 ans ! Malgré les conditions météorologiques particulièrement difficiles, le public a toutefois répondu présent à la soirée de gala du samedi soir. Parmi les festivaliers, de nombreux diaporamistes habitués mais aussi quelques nouveaux auteurs avaient fait le déplacement. Mais à Trélazé nous retrouvons aussi régulièrement des fans du diaporama qui viennent en spectateurs de tout l'ouest de la France assister à toutes les séances de projection. C'est ainsi qu'à la salle Aragon et au restaurant du Buisson tout le monde parle, dans la bonne humeur, de techniques informatiques, d'idées de diaporama ou de photographie numérique. Pour fêter l'événement Jean-Jacques Dejeunes, Président de la FPF, fut présent pendant toute la durée du festival. Des échanges avec des diaporamistes furent constructifs et intéressants. Dans une salle mise à sa disposition, Marc Segoloni de la société AVAS présentait la nouvelle version de Wings-Platinium qui commence à intéresser de plus en plus d'auteurs confirmés. Nous avons noté cette année que les montages numériques présentés étaient plus courts. Il est vrai que développer une idée sur plus de 8 minutes est un travail assez difficile pour tenir le spectateur continuellement en haleine.
Sur les 46 montages retenus, on comptait sept diaporamas qui entraient dans la catégorie " chanson "., Un nombre important et assez inhabituel.
Les autres oeuvres étaient proposées dans une grande diversité.
J'ai remarqué plusieurs montages de très bonne facture qui composeront le programme de notre prochain gala. C'est tout l'intérêt de ces rencontres et la découverte de nouvelles réalisations.
Le résultat du festival, comme toujours, présente quelques surprises. Mais si on fait abstraction de la place de certains montages primés et de deux ou trois diaporamas à la limite de l'acceptation, je trouve que le palmarès est un bon palmarès. J'aurais une petite pensée pour Enrico Bernasconi, un nouvel auteur italien qui avait longuement voyagé pour venir en Anjou. Il est dommage qu'un de ses montages n'ait pas été récompensé car Enrico avait fait l'effort de choisir une chanson peu connue de Georges Brassens pour nous présenter des images insaisissables et poétiques de " Passantes " fugitives et pressées. La sélection des diaporamas qui compose la soirée de gala est réalisée par les organisateurs qui souhaitent inclure des œuvres de la région, des montages humoristiques et une touche de réalisations internationales. Aussi ce programme ne correspond pas à un florilège des meilleures œuvres du festival. On peut le regretter, mais les organisateurs sont maîtres chez eux. Pour fêter la 30e édition du festival , deux montages des années 70, fraîchement numérisés, ont été projetés dans la seconde partie de la soirée de gala. " Marie " de Bernard Sanch, numérisé par Patrick Boucher et " Latirus London " de José Chevreau et Marcel Bélec numérisé par votre serviteur. Tout le monde a pu constater que nos anciens avaient le sens de la couleur et du rythme. Des organisateurs de futurs galas présents dans la salle ont même noté ces montages sur leurs tablettes. Après la présentation des trésors du passé par l'invité d'honneur et la sortie aux ardoisières du dimanche matin tout le monde s'est retrouvé dans le nouvel établissement " Les Bateliers " pour fêter et chanter le 30e anniversaire du festival sur une chanson écrite avec talent comme de coutume par Bernard Augereau, le chef d'orchestre de la manifestation. Remarque importante : La presse locale a très bien couvert l'événement. Chaque auteur accepté et présent a reçu le cadeau du 30e anniversaire offert par le club du Buisson, une amusante petite lampe pour lire le plus discrètement possible. Jean-Pierre Simon Eh oui, 30 ans déjà ! je n'étais pas présent en 1976 mais déjà à cette époque-là j'entendais parler du Festival de Trélazé. Je me rappelle y avoir participé pour la première fois un peu plus tard, en 1989, date à laquelle, en toute modestie, j'avais obtenu le "Trophée de l'Ardoise" avec mes épingles (" Récréativité "). Il faut dire qu'à cette époque le jury c'était... le public ! On ne reviendra pas sur la mutation effectuée par les organisateurs il y a quelques années (avec quelque souffrance !), aboutissant à la création d'un jury officiel pour répondre au cahier des charges de la FPF et de la FIAP desquelles ils avaient demandé le patronage. Le public ? Il a toujours été le "fer de lance" de Trélazé. Il est admirable de voir, avec les auteurs qui n'hésitent pas à se déplacer chaque année, la présence d'un public très large et nombreux à toutes les projections (et pas seulement à la soirée de Gala). Dommage que cette année la neige tombée toute la journée de samedi ait refroidi la douceur angevine et clairsemé les rangs de la Salle Aragon. Chapeau à l'équipe de Bernard Augereau d'avoir organisé 30 ans durant cette manifestation. En tant qu'organisateur de festival j'en connais tous les sacrifices, tout l'investissement personnel mais aussi toutes les joies et réussites. L'équilibre parfait : la présence d'un grand nombre d'auteurs et un public fidèle. Cette année, pour la première fois, les organisateurs avaient fait le choix du tout numérique. Finie l'installation du podium-régie qui occupait à lui seul le quart de la salle ! Seul officie devant la scène un petit vidéo-projecteur restituant une image très correcte, certes un peu froide et un peu trop contrastée mais c'est affaire de goût personnel. Rien de perturbant pour le spectateur. Et puis, l'invention de JM. Letort : un petit chariot "électronique" en Lego se déplaçant devant l'objectif pour l'occulter au moment voulu. Au passage, cet outil n'est pas indispensable. Il suffit de faire une page d'accueil. Je ne pense pas que B. Augereau, pourtant quelque peu "frileux" vis-à-vis des nouvelles technologies (c'est du moins ce que j'ai pu ressentir dans ses propos !), ait regretté ce passage au numérique. La qualité des œuvres présentées et le confort d'utilisation pour leur diffusion doivent l'inciter à poursuivre dans cette voie.
30 ans ! c'est l'âge adulte , la force de l'âge... pour de prochaines éditions, n'est-ce pas ?
* En cet anniversaire chacun a pu se procurer un souvenir, à savoir une lampe de poche miniature (rien à voir avec les lampes de mineurs dans les galeries d'ardoises de Trélazé !), mais une lampe au design surprenant. * Cette trentième édition a vu aussi la présence de Jean-Jacques Dejeunes , Président de la F.P.F. Il a pu constater de visu l'impact du diaporama auprès des auteurs (même non fédérés !) et du public. Quelle manifestation photographique peut attirer autant de monde ? Une réunion-débat a permis de dissiper certains malentendus, de rectifier certaines informations erronées et de jeter les bases d'un nouvel essor du diaporama au sein de la fédé. * 30 ans de diaporama mais aussi plus de trente ans de photographie, grâce à l'exposition d'un collectionneur passionné et compétent qui a permis de remonter le temps : "de la lanterne magique au vidéo-projecteur". Et les diaporamas me direz-vous ? Car on parle bien ici d'un festival de diaporamas ! Le jury constitué essentiellement de diaporamistes (le Belge Christian Hendrickx, et les Français Claudine Durand, Philippe De Lachèze-Murel et le régional de l'étape Pierre Rives sans oublier le commissaire national Claude Marty) a eu fort à faire pour établir un palmarès tellement les œuvres étaient de qualité. Si j'apprécie ces personnalités pour leur compétence, j'ai regretté l'absence d'un juré "candide", hors de notre sphère diaporamique (comme c'était l'habitude à Trélazé), qui puisse apporter son regard extérieur (j'indique au passage que, cette année, je ne participais pas !). Le palmarès n'a réservé aucune véritable surprise et n'a donné lieu à aucun scandale (donc les oranges sont restées dans leurs cartons !) même si, comme d'habitude, on peut penser que l'un ou l'autre montage aurait pu (dû ?) être classé plus haut ! A ce sujet (c'est mon dada !) je ne suis pas convaincu (depuis longtemps !) par un classement, tellement les œuvres sont diverses et variées, tant sur le fond que sur la forme. Je préférerais que le jury sorte du lot : trois oeuvres (les 3 premières) et que pour les autres soient décernées des prix spéciaux (comme à Cannes, rien que ça !). Mais bon, chaque organisateur a le droit de faire ce qu'il veut ! Parmi les œuvres présentées , j'en retiendrai sept (avis tout à fait subjectif !) dont les quatre premiers. * Un Gamin (JP. Petit et Jacques Van de Weerdt); ou Arthur Rimbaud revu et corrigé par les maîtres du texte et de l'image. La collaboration des deux compères est efficace puisqu'elle a obtenu le "Trophée de l'Ardoise 2006". * Du côté de Terrebonne (C. Brion et JM. Lafon-Delpit), montage plein d'émotion aux images bien choisies. Mais vu le fort accent de la personne interviewée, l'attention du spectateur est mise à l'épreuve. La Louisiane, après la dernière catastrophe, renvoie une résonance certaine. * The sadness will last forever (Edward Spence) ou un montage de plus sur Van Gogh ! mais ici il s'agit des lettres qu'il a envoyées à son frère Théo au sujet de sa femme. De la part d'un britannique, probablement francophile !, c'est bien vu et bien réalisé. * Ma Rose des sables (JM. Lafon-Delpit); Jean-Marie a fait le plein à Trélazé ! Les mémoires d'un élève pied-noir. La voix de Miglierina apporte toute la force émotive au texte. Mais la fin nous laisse quelque peu sur notre... faim, tellement on était bien dans ce montage.
Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire sur certains autres montages, mais le temps et la place me manquent. Je retiendrai donc : * La fêlure de ma vitre (P. Lormier); un montage très fort sur la solitude, avec un admirable texte dit par la non moins admirable voix que celle de l'auteur ! * Petra, le dit des pierres (Paul-François Beziat). Certes le montage est un peu long et la voix n'est pas terrible mais c'était une manière originale de présenter un site archi connu, avec une forme de "minéralité" intéressante ! Dommage qu'il ait été "oublié" ! * Jusqu'ici tout va bien (Hervé Séguret), d'un nouvel auteur bordelais. Une femme et sa poupée (pas une Barbie) dans un univers inquiétant, un local industriel désaffecté. Certains spectateurs auraient aimé posséder la clef pour comprendre le montage. Mais la folie ça ne s'explique pas. Avec ce qu'elle renvoie au spectateur, elle interroge, elle dérange. L'utilisation du noir et blanc, l'écriture à la forme " cinématographique " dans l'alternance des plans et la structure même du montage, renforce cette atmosphère. Bravo ! et dire que c'est le premier diaporama de l'auteur ! Bon, je vois que je m'étale ! Je ne voudrais pas conclure sans souligner l'excellent travail accompli par Bernard Augereau - et ce depuis plusieurs années - auprès des scolaires. 600 enfants se sont succédés à la salle Aragon durant la journée du vendredi où ils ont pu voir quelques diaporamas et répondre à un questionnaire distribué avant la projection. Spectacle interactif ! Bravo, monsieur l'instituteur ! (en retraite - si j'ai bien compris). C'est peut-être par ce biais qu'on touchera les jeunes de demain ! Enfin, félicitations à toute l'équipe organisatrice (sans oublier les femmes toujours discrètes mais ô combien efficaces) pour sa disponibilité, son accueil et la foi qui l'anime. Et vive le 31ème Festival ! On y sera ! Jean-Paul Guibal Le palmarès :
![]() Sommaire |