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28ème festival international de Trélazé
Dernier festival 100% analogique ?


C'est toujours avec beaucoup de plaisir que le petit monde des diaporamistes se retrouve début mars dans la cité de l'ardoise.
Pendant le festival, la grande salle polyvalente Louis Aragon offre toujours une exposition de photos noir et blanc et couleurs fort intéressante. Cette année, une présentation de portraits noir et blanc était de grande qualité. Les habitués du festival de Trélazé n'oublient pas d'apporter leur coussin pour bénéficier d'une position assise plus confortable. En effet, l'utilisation de chaises rigides devient peu agréable au fil des séances de projection. Il est conseillé également de s'installer dans les premiers rangs afin d'apprécier la qualité des images. L'écran de cinéma absorbant beaucoup de lumière, les diapositives deviennent alors moins éclatantes dès le milieu de la salle. Ces recommandations respectées, nous avons pu apprécier les 35 œuvres qui nous ont été présentées, la présélection ayant écarté 8 montages.

La cuvée 2004 était composée de diaporamas variés et de bonne qualité. Les montages sont maintenant mieux dosés. Nous n'avons relevé seulement que deux œuvres de plus de 10 minutes, 26 montages ne dépassaient pas les 7 minutes. Le Diaporama Créatif Court (DCC) donne tout son impact entre 6 et 8 minutes. Les pochades humoristiques et les chansons sont souvent plus percutantes lorsqu'elles ne dépassent pas les 3 ou 4 minutes.

Le diaporamiste moderne qui voyage beaucoup trouve son inspiration en dehors de ses frontières : presque la moitié des montages traitaient de sujets issus de pays étrangers. C'est aussi le moyen de faire partager ses émotions et d'ouvrir une fenêtre sur le monde d'aujourd'hui. Curieusement trois montages parlaient de la Birmanie (maintenant Myanmar) mais les auteurs s'exprimaient dans trois catégories différentes : la poésie, le document de voyage et un sujet de notre temps.

Les bons montages se retrouvaient au palmarès, même si l'ordre n'était pas exactement celui que l'on attendait. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance.
J'ai bien aimé "Beauté muette" de Jean-Marie Lafon-Delpit. Un texte poétique très bien dit et une bande-son excellente. Je me suis bien amusé avec "Le gnou cendré du Caucase" de Jean-Paul Petit et Jacques Van de Weerdt. Beaucoup de trouvailles; ne manquez pas ce montage pour découvrir l'espèce en voie d'apparition. Le Cambodgien qui nous explique "Le carrefour de Phnom-Penh" est très drôle; j'ai seulement regretté que les textes qui apparaissent à l'écran n'aient pas été plus soignés, mais l'auteur pourra corriger ce détail. Jean-Marie Coupriaux dans "Paroles de griot" nous divertit avec une histoire africaine; la musique rythmée qui accompagne ce montage est bien choisie. J'ai passé un bon moment avec "Méditation poétique" de Pierre Chemin; une poésie d'Alphonse Lamartine, une belle interprétation et d'agréable images du lac du Bourget. J'ai apprécié également l'illustration de la chanson "Marie" de Jean-Marc Rama même si les images n'étaient pas toutes celles de l'auteur. D'autres œuvres ont retenu aussi mon attention comme "Lucien Marchand", "La poisse", "Les vacances de Papy et Mamy" (sauf une injure insolente du petit-fils) ou "Après la longue nuit, tu seras l'Eveillée".

J'ai été surpris du choix des montages qui composaient la soirée de gala, mais celui-ci reste la décision des organisateurs. Je crois savoir que l'auteur du montage "Béton armé", qui a remporté le prix du public, aurait préféré l'obtenir avec "Aung San Suu Kyi, la lumière du peuple birman"; l'auteur propose mais le public dispose.
Photo JP Simon
Exceptionnellement, la lecture du palmarès s'est tenue dans la superbe salle du conseil de la mairie de Trélazé entièrement rénovée. M. Marc Goua, maire de la ville a beaucoup de chance d'habiter une si belle maison !

Comme chaque année, les organisateurs nous avaient réservé une surprise pour la sortie festive du dimanche midi. En effet, dans le parc de la Mauny les festivaliers ont eu le plaisir d'entendre les compositions musicales, d'admirer les costumes et les danses du "Bagad Men Glaz", le célèbre groupe folklorique breton qui se produit aux quatre coins du monde. Le soleil fut présent une demi-heure et permit de réaliser de superbes photos.

Une réunion s'est tenue le samedi après-midi après les projections entre les organisateurs et les auteurs afin d'envisager l'ouverture du festival aux œuvres 100% numériques.
Si le festival de Trélazé souhaite rayonner encore de nombreuses années dans le monde du diaporama, il devra obligatoirement prévoir, en plus, une présentation par vidéo-projecteur. Les organisateurs en sont conscients, les nouveaux auteurs ne souhaitant plus utiliser la forme classique de projection.
Le prochain festival de Trélazé pourrait donc fort bien s'ouvrir à des projections mixtes analogiques et numériques. Une excellente idée partagée par tous les diaporamistes.

Vive le 29e festival de Trélazé.

Jean-Pierre Simon



Photo JP Simon


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