![]() Sommaire |
|
Lire aussi
International Diaporama de Trélazé
Une diapositive, c'est une image fixe. Un diaporama, c'est toute une ambiance en mouvement." le mariage du talent et de la technique "
Tel est le titre du journal "Le Courrier de l'Ouest" qui a consacré un bel article à l'édition 2003 du festival que vous trouverez ci-après.Encore une fois, ce journal était associé à l'événement et à la pointe de l'information puisque l'essentiel du palmarès y était reproduit dans l'édition du dimanche qui a été distribuée aux participants dès la proclamation des résultats ! Y aurait-il des complicités avec le jury et les organisateurs ? La preuve par 36 (montages) était encore donnée ce week end à Trélazé. C'est fou ce qu'on arrive à faire avec un peu de talent et de technique. De talent tout d'abord. Prenons l'exemple du diaporama intitulé "In deep water" (en eaux profondes), qui était présenté par les Britanniques Julie England et Ron Davies.
L'ambiance surprend d’abord puisque presque toutes les photos sont prises sous l’eau. L'angoisse propre à la pénétration de ce milieu est marquée dès le début par cette phrase qui revient plusieurs fois dans le récit : "Si tu plonges seul, tu meurs seul". L'effet est plus évident en anglais par la répétition phonétique : "You dive alone, you die alone".
Les photos sont belles, techniquement réussies, et voilà le spectateur, déjà p!ongé dans le noir de la salle Aragon, plongeant dans l'univers sous-marin. Les prises de vue l’amènent délibérément à s'identifier à l'imprudent qui va se laisser emporter vers la griserie des profondeurs, attiré par un soi-disant trésor à trouver dans une épave.Le talent des réalisateurs se mesure ici à leur dépassement du stade de la belle photo, dont d'autres diaporamistes se contentent pout arriver à créer un suspense. Le spectateur aura-t-il assez d’oxygène pour aller si loin puis remonter lentement, en prenant le temps de respecter les indispensables paliers de décompression ? Un suspense de quelques minutes seulement, certes, mais suffisant pour donner a leur montage une dimension de court-métrage, de scénario, d'oeuvre composée à partir d'une histoire humaine, qui parle d'emblée de la vie et de la mort. La technique ensuite.
Le diaporama n'est plus ce qu'il était. Il se pratiquc désormais avec un matériel piloté par ordinateur. qui coordonne avec finesse (et avec quelques rares aléas... ) les fondus-enchainés, superpositions d'images et calage de la bande-son. Plus question de passer a la main d'une diapositive à l'autre, ni de doser le fondu-enchainé par un savant système de caches à glisser devant les ohjectifs des projecteurs. C'est confortable pour les spécialistes, qui peuvent désormais se lancer dans des effets qui donneraient parfois l'illusion qu’on est au cinéma.C'est motivant aussi pour les sociétés proposant du matériel très sophistiqué, et qui ont leur place dans une petite salle annexe de la salle Aragon durant ce week end super-photographique. C'est juste un peu frustrant de sentir s'éloigner le côté artisanal qui fait encore la fierté de ces photographes dont bien peu sont des adeptes de la photo numérique. Et on se surprend parfois, pendant une projection, à imaginer le déclic feutré du bon vieux réflex 24x36 qui habite toujours cette magie des images. Jean-Michel Trotignon - © le Courrier de l'Ouest
Je me souviens qu’il faisait beau et que nous avions 46 montages à juger.Je me souviens que le jury était composé de deux diaporamistes confirmés : Jean-Marie et Bernard, d’une jeune bibliothécaire de Trélazé, Réjane, qui n’avait jamais vu un diaporama, et de moi-même. Je me souviens que nous étions, au départ, tous les quatre un peu crispés, conscients que juger les autres est toujours une tâche délicate. Je me souviens que dès la première réunion du vendredi soir, nous étions tous les quatre sur la même longueur d’onde; le courant passait. Notre Candide avait l’il avisé; nous étions tous des passionnés d’images, de musique et de beaux textes. Je me souviens que le premier soir, un montage nous a émus. Il parlait du temps qui passe avec une grande poésie. Il nous incita à bien « respirer le temps » que nous passions ensemble. Je me souviens qu’après le repas du samedi soir, nos 23 montages « primables » étaient sélectionnés; le grand prix était choisi; mais le classement restait à faire car la presse nous le réclamait pour 22 heures. Je me souviens que Jean-Marie sortit alors ses étiquettes magiques où le nom de chaque montage était écrit en rouge. Je me souviens du ballet des étiquettes orchestré avec clairvoyance par Bernard et Jean-Marie alors que mon esprit, un peu fatigué, commençait à s’embrumer. Je me souviens que le lendemain j’étais encore sur mon petit nuage. La motte féodale et le balcon Renaissance du Château du Plessis-Macé rayonnaient sous le soleil doré de l’hiver. Je me souviens d’avoir partagé le repas au château avec mes nouveaux amis, que ce repas fut agrémenté de chansons et d’un aimable compliment de Bernard Augereau à l’occasion de la journée des femmes. Je me souviens que le départ fut un peu difficile, d’autant plus que les appareils photo de Bernard Roger avaient été dérobés durant le repas. Triste retour à la réalité ! Je me souviens qu’il faut se souvenir du festival de diaporama de Trélazé, de son équipe chaleureuse et compétente, de sa bonne ambiance, ainsi que de la qualité et de la variété des montages de ce cru 2003. Annie Logeais
Pour ce 28ème festival international, Bernard Augereau m’avait demandé d’être jury. J’ai accepté volontiers cette proposition sachant que cette nouvelle expérience ne pouvait qu’être enrichissante. J’avoue cependant que j’appréhendais ce week end. Je savais que cette responsabilité était délicate et j’avais à cœur sa réussite. Je la partageais donc avec Annie Logeais, Réjane Lebreton et Bernard Basse.Aussi dès le vendredi soir, en attendant l’heure du repas, nous nous sommes réunis pour faire connaissance, découvrir les documents et définir notre méthode de jugement. En tant que spectateur si un montage ne vous accroche pas, vous vous laissez aller, vous pensez à autre chose et vous attendez la suite. En tant que jury votre attention ne doit pas se relâcher un seul instant. Il ne s’agit pas de traiter une uvre à la légère ; il ne s’agit pas de juger un auteur, mais une uvre; il ne s’agit pas de bannir un sujet sous prétexte de ne pas l’aimer : il faut être neutre, objectif et précis dans ses avis. Dire simplement « je n’ai pas aimé » est plus facile que de dire pourquoi on a pas aimé. Cependant la difficulté réside à donner son avis en très peu de temps. Il est donc essentiel de noter pour chaque montage les points positifs et négatifs, de pondérer nos appréciations, si cela est possible, après chaque demi-séance et fin de séance. A ce sujet je tiens à souligner la qualité du document de jugement fourni par les organisateurs. Très bien fait, très pédagogique, et facile d’utilisation, ce document qui aurait pu être un souci nous a permis de travailler dans la plus totale sérénité. J’ai aussi beaucoup apprécié la discrétion des organisateurs toujours prêts à nous aider dans la logistique sans jamais intervenir dans nos délibérations. J’ai été frappé par l’adaptation de Réjane, novice en la matière, qui a fait des remarques extrêmement pertinentes et s’est très vite mise dans le bain à tel point que je la pressens comme futur auteur de diaporama. J’ai retenu que certains montages réalisés par des hommes, et qui abordent « la femme », peuvent être perçus différemment par ces dernières. J’ai aimé le partage de nos idées dans nos délibérations. J’ai trouvé l’ensemble des uvres de bon niveau. Je suis très heureux que nous ayons attribué un prix d’encouragement à un jeune auteur. J’ai découvert et beaucoup apprécié deux auteurs en la personne d’Annie et de Bernard. J’ai envie de dire aux nouveaux auteurs de ne pas se décourager, d’oser demander conseils aux plus avertis... pourquoi pas à l’occasion de telles rencontres. J’ai vécu une expérience très enrichissante, et tiens à en remercier les organisateurs. J’ai trouvé le temps court, très court, surtout lorsque la pression est redescendue et qu’il a fallu déjà se quitter. J’aime ce monde du Diaporama, pour sa richesse, sa diversité et sa convivialité. Je suis convaincu qu’il vivra bien longtemps malgré les tourmentes techniques qui le guettent. Jean Marie Lafon Delpit ![]() Sommaire |