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  • l'article de G. Mermet
  • l'article de L. Gigou


    Le premier festival international de diaporamas numériques français

    Hayange - 31 octobre-1er novembre 2003


    Organisé par le GAPHE (Groupement des amateurs photographes de Hayange et environs), le premier festival international de diaporamas numériques à avoir lieu en France a connu un franc succès. Il a également fait couler beaucoup d'encre, tant sous forme "virtuelle" sur Diaporam@Forum et par l'échange intense de courriers électroniques, que sous forme plus "traditionnelle" dans la presse locale et ici.


    Vu par Gabriel Mermet-Bouvier

    Le premier festival français de diaporamas numériques vient de se terminer et me voilà de retour dans ma ville natale la tête remplie de merveilleux souvenirs et de magnifiques images.

    Nous sommes arrivés le vendredi après midi à la salle Molitor, l'accueil fut fort sympathique, il était prévu une sortie photo au sein des sites sidérurgiques mais, la pluie s'étant bien installée, cette sortie s'est transformée en une visite du Musée de la mine. Cela nous a beaucoup intéressé et permis, pour les néophytes en la matière comme moi, de découvrir tout un passé de cette région. De retour à la salle Molitor nous pouvons assister à un passionnant débat sur le numérique.

    Après un repas en commun bien agréable nous passons aux choses sérieuses : il est l'heure de la première projection. Nous découvrons enfin les premiers diaporamas numériques. Le lendemain nous pouvons voir beaucoup d'autres œuvres pendant deux demi journées. A l'issue de la deuxième demi journée il restait un peu de temps, ce qui a permis à Gérard Desroches d'animer une intéressante discussion autour du numérique. Puis le festival se conclue brillamment par une magnifique soirée de gala mêlant argentique et numérique.

    Le décor étant planté, je vous livre à chaud mes impressions.

    L'organisation
    photo: G. Desroches Cette dernière a été remarquable, Ricardo et son équipe avaient bien fait les choses et je leur tire un grand coup de chapeau, cela devient une habitude je sais, mais j'espère que cette habitude va encore se renouveler longtemps. L'accueil était chaleureux et bon enfant dans la grande tradition des festivals de diaporama. La technique était bien au point, on sentait nettement tout le sérieux de la préparation, quelques petits couacs techniques au moment de la projection numérique, mais vraiment très peu, notamment un dû au virus « Brigittophobe » (*)... Je plaisante pour en arriver à féliciter Brigitte qui s'est remarquablement bien débrouillée à la technique, bravo.
    (*) Ndlr : pour ceux qui n'étaient pas là, il s'est agi du déclenchement intempestif du logiciel antivirus en cours de projection

    La salle était vaste et pouvait accueillir largement les festivaliers venus en nombre souvent de très loin, on notait la présence de personnes venues de Grande Bretagne, de Belgique, de Suisse allemande, d'Italie. La présence de diaporamistes étrangers à l'occasion du premier festival numérique français est un merveilleux signe d'encouragement pour les organisateurs.

    La seule ombre au tableau est due au fait que la salle est au niveau de l'écran; de plus, celui-ci ne peut pas être surélevé à cause de la faible hauteur du plafond. Ce qui fait que les personnes qui n'étaient pas au premier rang avaient droit à un festival de têtes dans le tiers inférieur de l'écran. Mais comme les organisateurs nous l'ont expliqué, ils n'avaient pas vraiment d'autre possibilité au niveau de la salle.

    L'organisation des repas était impeccable, dans un restaurant proche de la salle, ce qui évitait toute perte de temps. Certes on ne vient pas dans les festivals pour les repas, mais c'est un moment privilégié où l'on peut échanger avec des personnes que l'on n'a pas l'occasion de voir souvent, géographie oblige.

    Les montages numériques
    J'attendais avec impatience ce festival pour voir ce que les auteurs allaient nous proposer et comment ils allaient utiliser l'outil numérique. Première surprise, le nombre de montages reçus : 62, remarquable pour un premier festival. 58 montages étaient en compétition, il faut dire que parmi ces montages il y avait pas mal de suites sonorisées, voire même parfois de press-book sonorisés. Deuxième surprise, des montages en provenance de Russie, d'Argentine et des USA, ce qui est une première dans un festival de diaporamas. Le numérique permettrait-il d'élargir les participations internationales ? Voilà qui est intéressant.

    La venue de nouveaux auteurs mêlée à la présence des ténors de notre chère passion a conduit a un résultat très varié. Ainsi on avait la transposition numérique pure et dure de certaines œuvres argentiques, revoir des montages tels que «Lacrima» ou «Les larmes de cherchefs», pour ne citer qu'eux, en version numérique fut cependant un réel plaisir. Cela nous a permis d'apprécier la différence de qualité entre les deux techniques. Nous avons constaté qu'il y avait encore des progrès à faire en matière de numérisation des diapositives.

    Il y avait aussi beaucoup de suites sonorisées émanant de nouveaux auteurs ce qui a donné pas mal de fil à retordre au jury j'imagine. Je partage totalement l'avis de Jacques Denis qui a dit en substance qu'il y avait la présence de nouveaux « auteurs de diaporama » qui ne sont pas encore des diaporamistes et qui ont encore beaucoup de travail à faire pour atteindre le niveau du « vrai » diaporama. La présence de nouveaux auteurs est encourageante et il faut les encourager et les aider à progresser.

    Et enfin il y avait quelques œuvres créatives qui exploitaient totalement les possibilités du numérique, depuis le travail sous Photoshop jusqu'à l'exploitation de nouveaux effets offerts par PTE. Ce fut notamment le cas de «Awatif» de Jean Zucchet, magnifique réalisation, tellement magnifique qu'elle a obtenu le premier prix.

    C'est le premier festival de diaporama numérique il ne faut pas l'oublier, dans les futures festivals nous aurons sûrement beaucoup plus de cohérence dans les réalisations, mais aujourd'hui la voie est ouverte et ça c'est sacrément important.

    La soirée de gala
    Dans l'après-midi Ricardo m'avait dit qu'il attendait pas mal de monde pour la soirée de gala. Eh bien il avait encore raison le bougre, plus de 200 personnes assistaient à cette soirée, un beau succès.

    Cette soirée était découpée en deux parties, une première partie avec une sélection de montages argentiques ayant participé au troisième Festival international de la vallée de la Fensch. Et une deuxième partie consacrée entièrement au numérique, avec la projection de photographies ayant participé au Concours international de photographies numériques de la ville de Hayange et une sélection de diaporamas numériques ayant participé au premier Festival international de diaporamas numériques. Cela a donné un beau spectacle, les auteurs présents et le public étaient ravis.

    A noter la façon originale dont le palmarès du festival a été présenté, non pas par une annonce solennelle du président du jury au micro mais par une présentation numérique réalisée sous PTE. Bonne idée, Ricardo, et bravo pour la célérité de la réalisation qui, bien évidemment, ne pouvait être mise en œuvre qu'à l'issue des délibérations du jury.

    Le nombre de festivaliers français et étrangers pendant deux jours, le nombre de personnes présentes à la soirée de gala et la qualité de l'organisation font que ce premier festival a vraiment été un succès; maintenant nous attendons avec impatience le deuxième.

    Conclusion
    A l'issue de ce festival je suis rentré chez moi en me disant que je venais d'assister à une manifestation importante pour l'avenir du Diaporama; une page vient de se tourner devant nous, c'est clair.
    photo: G. Desroches
    En observant, en écoutant les différentes conversations, j'ai noté un réel enthousiasme pour le numérique, la volonté très nette de la part des auteurs de s'investir à fond dans cette nouvelle technique. J'ai même entendu un auteur exprimer sa volonté de revendre tout son matériel argentique au profit d'un équipement numérique plus performant. En échangeant avec d'autres animateurs de club j'ai noté que nous voulions tous inscrire cette activité numérique dans nos projets immédiats, et de nous équiper rapidement en vidéo-projection dans l'espoir d'accueillir de jeunes talents au sein de nos clubs. Ce festival aura donc aussi permis de nous conforter tous dans la décision de s'investir franchement dans la voie numérique.

    Et puis un autre point positif aussi fut de constater la présence de membres de Diaporam@Forum, nouveaux venus dans notre petit monde. Leur présence a une double signification : cela veut dire que le numérique attire de nouveaux venus et que Diaporam@Forum contribue à l'élargissement de la communauté du diaporama, ce qui était l'un de nos objectifs avec Gérard; cela nous a fait un plaisir immense de rencontrer ces personnes.

    Le diaporama numérique en est à ses balbutiements, la technique et les œuvres sont perfectibles certes, mais il n'y a plus de doute il est bien là.
    Aujourd'hui j'ai un nouveau professeur de linguistique, c'est un certain Ricardo Zarate, grâce à lui mon vocabulaire ne comprenant que trois mots vient de s'enrichir d'un quatrième...:
    « Vive le Diaporama Numérique ».

    Gabriel Mermet-Bouvier




    Vu par Laure Gigou

    Le décor
    Messieurs les Anglais avaient tiré les premiers au mois de février 2003 en lançant un festival numérique presque passé inaperçu - en tous cas dans notre région.
    Hayange, 31 octobre... il pleut ! La sortie photo prévue est remplacée par la visite du musée de la Mine de fer. Le coup classique de l'écomusée, mémoire d'une activité disparue, tenu par une association et animé par les visites guidées des anciens mineurs bénévoles et passionnés.
    photo: G. Desroches
    Pendant cet intervalle, le jury, présidé par Christine Mathon d'Épinal avec Willem Van den Berg, " le prince Charles " pour les connaisseurs, qui n'avait pas apporté ses célèbres sabots jaunes, et Laurent Kremer du club photo de Vichy, ont visionné le programme de samedi après-midi. Ce subterfuge va permettre de mettre en images numériques et sous forme de diaporama numérique le palmarès pour la soirée de gala.
    A 16 h 30 le petit groupe de touristes-diaporamistes revient à la salle Molitor où le débat sur le diaporama numérique a commencé, mené par Ricardo Zarate avec la complicité de Gérard Desroches. D'emblée la discussion est animée, vous en trouverez très prochainement un large compte rendu dans un article à paraître sur votre site préféré...

    Le programme
    Trois séances denses ont été programmées : le vendredi soir à 20 h 30, le samedi matin à 8 h 45 et le samedi après-midi à 14 h 30.
    Pas vraiment le temps de vérifier la couleur du temps qui, d'après ce que j'ai compris, a par intermittence viré au beau. C'est pire que dans les galères: travail forcé obligatoire et volontaire ! 58 diaporamas sont au programme. Selon mon analyse, j'ai relevé les noms de 17 diaporamistes déjà connus par les festivals argentiques. Les autres auteurs semblent apparaître pour la première fois.

    Il semblerait que le numérique ouvre soudain la porte à de nouveaux auteurs ou bien à ceux qui, tentés par le fondu enchaîné, avaient été rebutés par le matériel nécessaire. C'est ce que j'ai cru comprendre lors de discussions diverses.

    Les impressions
    Le niveau de ces diaporamas est hétéroclite. Je n'ai pas gardé de cette édition l'impression d'un festival de chefs d'œuvres.
    Dans l'analyse, on s'aperçoit qu'il y a en gros trois catégories :
    La première catégorie pourrait correspondre aux nouveaux auteurs, tentés par les facilités offertes par PTE mais pas vraiment conscients de l'écriture diaporamique.
    Les photos peuvent parfois être très belles, mais elles sont le plus souvent enchaînées dans des séries numérisées pas vraiment construites et même parfois incohérentes. PTE, par la possibilité d'un fond cadre, enlève au croisement des verticales horizontales l'horrible crucifixion que l'on observait parfois dans le diaporama argentique. Il n'en reste pas moins que la superposition des verticales et des horizontales laisse un goût amer d'incohérence. À cela s'ajoutent les vignettes encadrées et éparpillées sur l'écran au gré de la fantaisie de l'auteur. Ces effets n'ajoutent rien au message et perturbent souvent l'unité de l'image. Je dirai que les transitions variées m'ont paru moins gênantes, mais il faudra à l'avenir bien cerner la cohérence de ces effets par rapport au message. Le fondu enchaîné clas! sique doit gagner beaucoup à la diversité d'effets choisis à bon escient.

    Quelques auteurs n'ont pas encore saisi qu'à l'inverse du cinéma qui montre, le diaporama suggère. Je pense à "La cité des brumes" où l'incrustation des personnages sur le site de Machu Pichu venait en redondance du commentaire. Il ne faut pas oublier que dans "La soupe", par exemple, on ne voit jamais la grand-mère. Ce sont dans tout cela des fautes de jeunesse qui peuvent être corrigées grâce à l'aide des camarades de club qui peuvent participer à la construction de ces montages et à leur analyse. Je n'aime pas le terme de critique : on ne détruit pas, on construit.

    Parfois, l'histoire part sur de bonnes bases. On se dit, ça y est ! il y a une idée ! mais elle s'écroule très rapidement parce que le fil conducteur est perdu. C'est par exemple le cas de "Venise entre apparence et réalité". La tentation du travail numérique des diapos n'est pas plus concluante dans "Les nymphéas" du jardin de Claude Monet. Bien sûr, il était tellement tentant de transformer ces photos de plantes à l'aide des filtres de Photoshop en un tableau laissant voir les couches de peinture ! Même si ce logiciel est vraiment performant, il n'atteint pas le génie du pape de l'impressionnisme.

    Mais il ne faut pas croire que dans les nouvelles participations tout soit "à jeter" - et d'ailleurs c'est une expression que je refuse -, je dirai " à améliorer ". Bien au contraire, les montages fourmillent d'idées. Je pense à "Victoria Falls" qui a su utiliser les subtilités de la bande son originale d'un film, à "Ouradour sur Glane" très sobre mais desservi par le logiciel Powerpoint.

    Les diaporamas de Erhard Hobrecker promettent également, ainsi que ceux de Jean-Pierre Durand. Les Argentins sont proches du bon diaporama; quant aux Russes, ils maîtrisent la technique, la qualité photographique mais pas la construction diaporamique. Leur donner un encouragement pour les inviter à poursuivre leurs efforts est sympathique mais n'est-ce pas non plus risquer de leur faire croire qu'ils ont trouvé la bonne voie de l'écriture diaporamique ?
    Nous sommes là sur une pente dangereuse, et la mission de ce jury n'a pas été facile. Il s'agit là d'impressions personnelles. D'autres diaporamistes insisteraient sur d'autres points. La sensibilité de la perception de chacun est heureusement un gage de diversité. Il ne faut pas croire non plus que si je n'ai pas cité certains diaporamas c'est pour moi de l'indifférence ou parce que je n'y vois rien de concret. J'en suis déjà à plusieurs pages et je n'ai pas fini mon analyse de Hayange ! Il faut donc se restreindre à l'essentiel.

    Abandonnons la catégorie des nouveaux pour évoquer les diaporamistes issus de l'argentique. Je considère qu'il y a là deux cas de figures."
  • Le premier cas, le plus nombreux, est composé de diaporamistes qui se sont contentés de numériser leurs diaporamas sans en changer une virgule. En général ces diaporamas n'ont rien gagné au change, parfois ils y ont même perdu. Je pense à "Lacrima" dont le scan n'a pas rendu la qualité des noirs & blancs de la pellicule Scala. Certains étaient remarquablement numérisés, mais ils sont très rares, je pense au montage Le paysan de Paris chante"; ils ne perdent ni ne gagnent au change.

  • D'autres diaporamas ont gagné en dynamisme par la modification de certains effets, par l'ajout de certaines images; c'est le cas de "Avenir laminé" mais je resterai sceptique par rapport à l'introduction de l'encadrement qui induit la réduction de la dimension de l'image et qui, selon mon impression personnelle, cerne tellement l'image que les effets de fondus en sont gâchés. Cela me fait l'effet d'une succession d'images au lieu d'une série cohérente relatant une histoire dramatique. J'ai perdu dans cette nouvelle présentation l'émotion primordiale. C'est mon avis et j'aimerais bien avoir des réactions sur cette technique introduite dans PTE et très souvent utilisée par les nouveaux diaporamistes.
    Pour en finir avec les diaporamistes venus de l'argentique, les nouveaux diaporamas sont vraiment peu nombreux et peu de diaporamistes s'affranchissent de l'écriture classique et du fondu enchaîné pour chercher à exploiter les nouvelles possibilités.

    Les textes écrits
    Ce que l'on peut noter aussi c'est l'abondance des textes écrits qui nuisent à l'émotion et à l'ambiance. Ces textes à mon avis sont à proscrire au maximum, sauf dans une introduction ou une conclusion. Mais dans ce cas ils doivent être courts.
    Il y a les textes explicatifs, comme dans l'exemple ci-contre, qui, s'ils peuvent être lus et assimilés à loisir chez soi sur l'écran de l'ordinateur, deviennent illisibles dans une grande salle, a fortiori si les têtes des spectateurs masquent le bas de l'écran (ce qui n'est pas la faute de l'auteur mais doit être pris en considération car rares sont les salles "parfaites").
    Le débat a porté également sur les traductions. Certes, un sous-titrage en bas d'image peut être difficilement lisible dans une salle comme Hayange, mais il perturbe moins le spectateur qu'en haut.

    Le coup de cœur
    Mon coup de cœur, je l'ai eu le premier jour avec le montage de Jean Zucchet, "Awatif". C'est le seul de toute la série qui se soit affranchi de la vision classique pour utiliser les subtilités du numérique. Je ne pense pas qu'il faille chercher dans ce montage un message important. C'est une série sonorisée. Tout relève de l'émotion esthétique, d'une vision aérienne lyrique. J'ai aussitôt fait le lien avec les hommes volants de Folon, le générique de feu l'émission de Bernard Pivot. Et je ne suis pas la seule dans la salle à avoir pensé à cela. J'ai été enchantée d'apprendre que ce diaporama avait remporté le grand prix. Et en plus, pour se référer à certains forums sur internet qui réclamaient la liberté d'écriture des diaporamas, cette œuvre est l'exemple même de ce qu'on peut faire en toute liberté mais avec une construction rigoureuse.

    La qualité photographique
    Le constat que je pourrais faire de ces projections est que les diapositives numérisées sont moins bonnes à la projection que les images issues d'appareils photos numériques. Souvent le contraste est gênant.
    Il n'y a pas si longtemps, je proclamais que ce n'était pas demain que les appareils numériques atteindraient la qualité des diapositives. Les 21 millions de pixels gardent leurs distances, mais pour nous, diaporamistes, 3 à 4 millions de pixels suffisent largement. Cette constatation que le diaporamiste amateur a pu faire à Hayange dans une projection sur grand écran est parallèle à l'évolution des technologies. On s'explique un peu mieux l'abandon par Kodak des recherches sur les émulsions.
    Doit-on pour autant imaginer la disparition définitive de la diapositive ? Je ne le conçois pas. Il y aura toujours des fanas de la belle ouvrage, cliquant sur leur Leica M6 préhistorique, tout comme le noir et blanc argentique a survécu à la couleur. Nous admirons toujours un beau tirage parfait. Les noyaux de résistance seront à mon avis suffisamment solides pour permettre la persistance de la diapositive. Mais en sera-t-il de même dans le milieu du diaporama ? Le résultat des projections démontre qu'il faut bien maîtriser les paramètres du scannage des diapositives et des logiciels d'images pour tirer le meilleur parti, le plus correctement possible, de la numérisation.

    Conclusion
    Ainsi donc je ne suis pas fâchée de mon expédition à Hayange. Il fallait en vouloir. Mais l'événement en valait le sacrifice. J'ai vraiment l'impression d'avoir assisté à un tournant important de l'art diaporamique, un tournant également des mentalités. Aux auteurs dits classiques s'ajoutaient des gens qui venaient là en curieux, parce qu'ils participaient depuis un certain temps au forum de diapovision.com et avaient envie de mettre un visage sur les pseudos assez transparents pour les initiés du diaporama. Une ambiance nouvelle qui, certainement provisoirement, mettait au panier la quête des points FIAP ou FPF.

    Je constate aussi que certains diaporamistes en puissance, dégoûtés par l'investissement matériel nécessaire reviennent, tentés par le numérique. Le monde géographique et diaporamique s'élargit aux USA, à l'Argentine, à la Russie... Mais surtout, et ça c'est l'essentiel, la nouvelle génération n'est pas insensible à cette évolution. Cela va j'espère permettre de rajeunir les cadres et de mettre un coup de pied dans la fourmilière endormie.
    le volet magique
    Mais revenons sur terre... J'ai dit que le "bug de Ricardo"(*) l'avait empêché d'utiliser une image d'introduction pour cacher le "bureau" de Windows. Et là est le paradoxe. Si nous avions pu mettre la main sur une "table Bourguedieu", celle-ci aurait repris du service, servant d'iris au projecteur vidéo, alors qu'une vulgaire planchette a fait office de volet mécanique !
    (*) Ndlr : Ricardo avait préparé de superbres écrans de "menus" destinés à lancer les diaporamas au programme tout en masquant le vilain "bureau" de Windows. Pour une raison encore inexpliquée, cette fonction - pourtant maintes fois testée - s'est mise en panne avant le festival et a dû être abandonnée.

    Maintenant il ne faut pas rater les étapes de cette nouvelle voie.
    Pourquoi ai-je entendu que l'AID allait faire la révolution dans la FPF ? J'en étais toute étonnée. Notre fédération ne se serait-elle pas aperçue de cette évolution ? Nous allons présenter des diaporamas numériques au concours régional ! Après tout, la photo numérique a ses droits de cité à la FPF. Je ne vois donc pas pourquoi il y aurait réaction de notre fédération alors que la FIAP et la FPF ont patronné Hayange ! Et voilà donc un nouveau pavé dans la mare !

    C'est fini pour aujourd'hui !

    Laure Gigou



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