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42ème Festival de l'Image - 3ème étape du Supercircuit
EPINAL 2003


L'article de Jacques van de Weerdt

Un bon début
J'arrive en retard car le train a été retardé au Luxembourg. Je loupe le repas et me contente d'un sandwich dans la rue, devant la salle encore fermée. Bon début ! Les premiers festivaliers se pointent à 21h, enfin.

Mecque
Epinal malgré tout reste la ville du diaporama. " La Mecque " disait-on avant. (Mais depuis, l'islam a bien changé !...) Où sont les grands-messes de naguère, avec les dames en robe longue et les messieurs en habit ? Les soirs de gala où le seigneur des lieux, feu Jacques Thouvenot, officiait tel un grand prêtre et remettait la coupe de l'Europe à Madier, Thuillier, Pigeon ou Ramadier. Un de ces quatre, à chaque coup ! Les maîtres de ce temps. Une autre époque. Dieu que le temps passe !
Et nous, les petits de cette époque, nous voici devenus les vieux sages à notre tour. Et encore, vieux peut-être, mais sages ... ?

Cinquante diaporamas ont fait le tour: Hayange, Rijen puis Epinal. A nous de donner les dernières cotes qui, comptabilisées avec les précédentes, établiront le palmarès final du Supercircuit 2003.

Opération
Michel Mollaret est à l'hôpital ! La nouvelle tombe comme une gifle. Lui, la cheville ouvrière de ces dernières années (et Dieu sait si elles sont longues, les dernières années, en diaporama !) vient de subir une opération. Mais les nouvelles sont bonnes. Ouf ! Repose-toi, Michel, l'équipe a assuré.
Avantage de ce "Supercircuit" : c'est toute l'équipe de Hayange qui s'est déplacée pour réaliser les projections. Des pros. Merci les gars, du travail impeccable.

Mayonnaise
Un jury, c'est comme une mayonnaise : ça peut prendre... ou pas ! Cinq personnalités, d'horizons différents, qu'il faut mettre d'accord pour sortir un palmarès. Quelle méthode pour coter ? D'emblée, on n'est pas d'accord ! Plusieurs théories. On discute, palabre. Un compromis est trouvé. On y va. Et puis, ces deux jours, on les vit ensemble. Au resto, on nous isole. On est comme des détenus, dans une même cellule.
La mayonnaise ? Elle commence à prendre. On découvre les autres. Pas cons. Pas du tout. Je dirais même plus.... On parle du monde, de Bush, du montage numérique et à propos, dans ce montage, qu'est-ce que l'auteur a voulu dire à ce moment ... ? Et dire que les autres croient que nous pensons savamment ! On ne voit même pas ce qu'on mange, tant on est pris par le groupe. Elle a pris, la mayonnaise !

Comptage
Notre dispositif de comptage ayant été mis au point, la délibération en est grandement facilitée. Deux grands chantiers :
1. Tracer la ligne de séparation entre les 25 acceptés et les 25 autres. Les moyennes arithmétiques ayant été données, il faut pondérer ce classement sec. On fait repasser la ligne, dans les deux sens, à plusieurs diaporamas, après discussions et consensus. Et là, la mayonnaise est importante. Quand elle a bien pris, on réfléchit en toute sérénité, on écoute les autres et les autres nous écoutent. Et les solutions arrivent. C'est le cas.
2. Classer les 25 premiers. Ici aussi, il faut aménager l'arithmétique. Et, ici également, chacun défend ses choix, les explicite et reçoit parfois l'approbation, parfois le refus de ses pairs.

Choix
Notre choix final est le résultat d'une longue réflexion commune. En lice :
- " Vanitas, vanitatum " de B. Nissen. Un montage parfait, bien vu, bien dit, avec du contenu. Très (trop ?) classique.
- " Le carrefour de Phnom Penh ", de M. Guidicelli. Le contraire. Un montage " secoué ", un peu fou, très désordre et marrant. Court aussi. Absolument pas classique !
Et c'est sans doute cela qui nous a tous les cinq convaincus. La Coupe de l'Europe pour ce côté fou, pris sur le vif et heureux de ce diaporama.
Mais que Bruno se console: la compilation des cotes des trois festivals lui sera favorable. " Vanitas, vanitatum " emporte le Grand Prix du Supercircuit !

Last
Une dernière remarque, à l'adresse de nos amis flamands. Voici une fois encore un montage, dit en flamand, qui emporte la palme. La preuve que, quand un montage est bien construit, la langue n'est plus vraiment un obstacle ! Nous vivons une époque internationale où, souvent, le côté authentique est apprécié plus qu'une conformité aux langues dominantes.

Le train du retour. Départ à 16h d'Epinal. Arrivée à 23h45 à Liège ! Le temps de méditer sur le bonheur d'être diaporamiste, cette année encore...

Jacques van de Weerdt



Quoi vous en dire ?

par Michel Paret

Epinal, la belle image. C'est la devise de cette cité vosgienne qui, pour la 42ème fois, a accueilli le Festival International de l'Image dans le cadre du Supercircuit 2003. Le théâtre, lieu magique et mythique, a été pendant trois jours le témoin d'un certain nombre d'émotions. Toutes ont eu leur place... ni ennui, ni indifférence. Pour ma part, et par timidité peut-être, je ne vous livrerai pas les miennes. Je n'ai donc pas grand chose à vous dire de ce festival...

Je ne vous dirai rien de l'accueil et de l'organisation... Pourtant...!
L'équipe, menée par Christine Mathon et Yves Cleuvenot, a tout donné. Certes, ils n'étaient pas seuls, mais j'ai bien ressenti que peu de volontaires étaient sur les planches ou en coulisses. Depuis plusieurs mois, tout n'a reposé que sur quelques épaules. Une grande reconnaissance au sourire de Christine qui a été continuellement présent pendant ces trois jours. Une pensée particulière ira vers Michel Mollaret, grand absent à ces festivités. Au nom de tous, je lui souhaite un prompt rétablissement et un retour rapide sur scène.

Je n'ai pas envie de vous parler de l'équipe technique... Enfin, si...!
Une soixantaine de projections, avec la complexité que l'on connaît, sans un faux départ, sans aucune anicroche, cet exploit demandait à être souligné. On a beau dire que les trois compères du Gaphe sont bien rodés à la tâche, il faut quand même que je leur témoigne toute mon admiration.

Je ne vais pas non plus vous donner mes impressions sur les diaporamas en compétition... Quoique...!
Il faut reconnaître que les cinquante diaporamas, venus de dix nations, avaient techniquement une certaine cohésion. L'évolution de la technologie doit y être pour quelque chose. Concernant la créativité des auteurs, à quelques exceptions près, chacun avait sa place dans ce festival. Personnellement, j'ai attendu la grande œuvre exceptionnelle qui aurait dû me faire craquer... en vain.

Bien sûr, je vais bien me garder de vous dire quoi que ce soit sur le jury... Bien que...!
Cette fois-ci, je l'ai trouvé particulièrement serein, tranquille... en un mot : cool ! Rendez-vous compte... aux inter-séances et pendant les repas, on a même pu engager la conversation avec ses membres. Rassurez-vous... les secrets d'alcôve ont tout de même été préservés. Leur tâche a évidemment été faite avec respect, sérieux... en leur âme et conscience.

Quant au palmarès, vous pensez bien qu'il n'appelle aucun commentaire de ma part... Ah si...!
Je vous ferai seulement remarquer que le palmarès d'Epinal est bien différent de celui d'Hayange et de celui de Rijen. Ce qui prouve bien que la Grande Œuvre n'était pas au rendez-vous et que la sensibilité d'un juré est bien personnelle. C'est très bien ainsi, dans l'intérêt des compétitions et pour préserver le suspens.

Jusqu'à présent, je ne vous ai presque rien dit de ce festival...
Tenez, voici maintenant un sujet qui fâche...!
Si j'ai pu remarquer que les Spinaliens étaient peu attirés par la magie du diaporama, les auteurs ne l'ont pas été non plus. Pendant ces trois jours, de très nombreux confortables fauteuils sont restés vides. Les festivals permettent de récolter des "points"... Certes, mais je considère avant tout qu'ils doivent être un lieu de rencontre convivial entre copains animés d'une même passion. Vis-à-vis des organisateurs qui œuvrent bénévolement pendant près d'un an... vis-à-vis des sponsors et de leur générosité... vis-à-vis des autorités administratives et de leurs subventions... les auteurs se doivent de faire l'effort de répondre "présent". Cette année, le télescopage de calendrier avec le Festival de Pontivy n'a rien arrangé. Mais tout de même... ceci n'explique pas cela.


Je vais maintenant m'offrir une bonne bouffée d'oxygène...!

J'ai revu pour la "x" ème fois le diaporama qui me fait mousser de plaisir : "In Deep Water" de Ron Davies et Julie England. J'ai pourtant toutes les caractéristiques pour passer à côté de ce diaporama : je ne comprends pas l'anglais et je n'ai jamais pratiqué la plongée-bouteilles. Pourtant, il se passe en moi une émotion étrange : un mélange d'oppression et d'obsession.
Un bref résumé : un plongeur part à la recherche d'un trésor caché dans une épave... lucidité, inconscience, mal des profondeurs... sa "Conscience" s'interpose et le met en garde "si tu plonges seul, tu meurs seul"... l'air manque... regagnera-t-il la surface ?

Je trouve ce scénario - ce mot est juste - parfaitement bien construit avec une mise en situation, une montée du suspense jusqu'à la délivrance du spectateur à la dernière image. La photographie est à la hauteur des profondeurs. L'espace sous-marin, sa faune, sa flore sont de toute beauté. Une mise en scène semble avoir été faite in-situ pour le trésor et la perte des pièces en pleine eau. L'environnement sonore envoûte le spectateur. Même sans la compréhension du texte, la répétition chuchotée de la devise du plongeur devient oppressante : "you dive alone, you die alone". Grâce à un résumé en français en guise de prologue, ce diaporama est compréhensible par tous. Il devrait être vu par tout plongeur...
In Deep Water a été bien classé à Epinal. J'en suis satisfait, car à mon avis, il a été un peu oublié dans d'autres palmarès.
Une question personnelle à Julie : à quel âge peut-on commencer la plongée ?

Que vous dire de plus...? Rien...!
Epinal, la belle image... tu me reverras.

Michel Paret


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