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16ème RPS International Audio Visual Festival Cirencester 24-26 septembre 2004 Voir aussi la rubrique "Écho des festivals"
Le festival international de la Royal Photographic Society de Grande-Bretagne n'ayant lieu que tous les deux ans, les réalisateurs se pressent au rendez-vous, d'autant plus qu'il se déroule dans une région magnifique et dans le cadre très agréable d'un institut universitaire d'agronomie. Si la salle est bien remplie, il n'y a en revanche pas de public extérieur; la promotion du diaporama se fait par les soirées de projection assurées régulièrement par les différents clubs et auteurs dans les régions, mais pas par le festival qui est donc une "fête de famille".L'accueil est éminemment chaleureux, surtout si on fréquente régulièrement les festivals de diaporamas, car on retrouve là tant de têtes amies - mais c'est aussi l'occasion de découvrir de "nouveaux" auteurs (nouveaux pour nous, les Continentaux) qui malheureusement ne fréquentent pas les autres festivals, ni en personne ni au travers de leurs oeuvres. Même ceux que l'on ne connaît pas vous saluent car la brochure-programme du festival comporte une présentation et une photo de chaque membre du jury... et toutes les salutations se terminent par ces encouragements: "bon courage, vous en aurez besoin!"... Pourquoi donc ? Quatre-vingt douze L'explication à ce leitmotiv est simple : 92 diaporamas étaient inscrits au programme, au point que les organisateurs ont dû rajouter au dernier moment une séance supplémentaire le vendredi après-midi, portant ainsi le nombre de séances de jugement à six. Nous connaissons tous les aléas des projections publiques, les retards cumulés, les incidents techniques toujours imprévisibles... aussi comprenons-nous mieux ces "encouragements" maintes fois prodigués, d'autant plus que le palmarès devait être proclamé à la séance de gala du dimanche à 14h30 alors qu'une séance de jugement était programmée le dimanche matin... une véritable gageure ! Eh bien, ce pari un peu fou a été tenu ! Un sans-faute remarquable de l'équipe technique, le respect absolu des horaires, un jury convivial et efficace... sans grincements de dents, sans crises de nerfs, sans nuits blanches, toutes les séances se sont parfaitement déroulées et le palmarès fut même livré aux organisateurs avant l'heure prévue... Sur l'écran Pour la première fois, ce festival prestigieux était ouvert aux diaporamas numériques en plus des diaporamas traditionnels. Longtemps avant le festival (une bonne année avant), un profond débat avait agité le comité organisateur et plusieurs auteurs éminents du "Groupe audio-visuel" de la RPS sur la question de savoir si les deux genres devaient être jugés ensemble ou dans des catégories distinctes. La décision fut prise non seulement de ne faire aucune distinction au niveau du palmarès, mais surtout de mélanger les diaporamas argentiques et numériques au cours des projections ! ![]() Décision audacieuse qui ne pouvait être prise qu'en ayant pleine confiance dans la maîtrise de l'équipe technique et nombreux étaient ceux qui attendaient cette première "confrontation" à hauts risques. Eh bien... on n'a rien vu ! La "confrontation" annoncée n'a pas vraiment eu lieu, et les sourires narquois des tenants de la supériorité de l'argentique ou des jusqu'au-boutistes du numérique se sont vite effacés ! Sur l'écran, l'image était toujours de la même taille, de la même qualité et, grâce à la précision des projecteurs Royale, les alignements et superpositions de diapositives étaient parfaits. Du coup, nombreux étaient les spectateurs qui se retournaient au démarrage des diaporamas pour voir si l'image venait du fond de la salle, là où étaient installés les projecteurs de diapos. Depuis la table du jury, située devant les projecteurs, nous pouvions juste discerner les discrets "clics" d'avancement des paniers – sans cela, nous aurions eu du mal à déterminer avec certitude qui était "argentique" et qui était "numérique". En outre les organisateurs avaient poussé le raffinement jusqu'à créer une page de lancement des montages dont l'image apparaissait sur l'écran entre chaque projection et sur laquelle figuraient aussi les diaporamas traditionnels – un clic de souris sur le bouton correspondant et le vidéoprojecteur passait au noir au moment où le projecteur de diapositives entrait en action. Impeccable ! Du côté du jury Le jury était composé de quatre membres: Keith Brown (président), Geoff Holmes, Jacques van de Weerdt et moi-même. Il est intéressant de noter qu'il comportait donc anglophones et francophones à parité; les organisateurs de festivals dits "internationaux" dans lesquels il y a 0 ou 1 "étranger" sur 5 pourraient en prendre de la graine ! Une très bonne entente a régné dès le début entre nous et a duré durant tout ce "marathon" – et heureusement, car la tâche de juger 92 diaporamas aurait certainement vite tourné au cauchemar. Il convient de noter que, pour respecter les horaires et assurer de ce fait le succès du festival, les organisateurs avaient strictement réduit le délai d'attente entre chaque diaporama : de l'ordre d'une minute seulement. Ce qui témoigne aussi de la maîtrise de l'équipe technique. Excellente initiative qui a obligé chaque juge à prendre ses notes de façon rapide et synthétique, sans pour autant nuire à la pertinence des jugements et délibérations après les projections; je ne saurais trop recommander que la même rigueur soit appliquée dans les autres festivals car il est beaucoup plus agréable pour les spectateurs que les montages s'enchaînent sans de trop longs temps morts ! Qualité Outre la qualité de l'organisation et des prestations de la régie, je dois dire que la qualité d'ensemble des diaporamas présentés était très bonne. Evidemment, avec le nombre de montages en compétition et le fait qu'un tiers d'entre eux émanaient d'auteurs qui participaient pour la première fois à un festival RPS, on peut dire qu'une présélection aurait permis d'éliminer assez facilement un bon quart de diaporamas qui n'étaient manifestement pas au niveau d'une telle manifestation internationale. Comme l'a dit un des organisateurs, cet afflux de montages, numériques surtout, est manifestement "l'effet internet" et il est dommage que leurs auteurs n'aient pas été là pour voir et comprendre la différence entre un "slideshow" et un "diaporama". ![]() Une fois fait le travail de tri équivalant à une présélection, le jury s'est retrouvé face à un problème ardu : les montages restants étaient d'excellente facture mais 15 prix seulement étaient mis à la disposition du jury ! Nous avons pu "arracher" aux organisateurs la possibilité de décerner six "mentions spéciales du jury" afin de distinguer quelques montages supplémentaires, mais beaucoup d'autres auraient mérité d'être également cités. Et sans risque de me tromper ni de révéler des secrets des délibérations, je peux dire que les montages cités se tenaient littéralement dans un mouchoir de poche : il n'y a en effet que 10 points d'écart sur 100 entre le premier et le "dernier" de ce palmarès (voir le palmarès ici), ce qui est plutôt exceptionnel et mérite bien d'être souligné ! Conclusion Ma conclusion ne vous surprendra pas : "Cirencester 2004" fut un festival très riche, très bien organisé qui laissera certainement les meilleurs souvenirs à tous. On peut regretter qu'il n'y ait pas eu beaucoup de "Continentaux" présents car, qu'ils soient organisateurs de manifestations ou auteurs, ils auraient non seulement vu de bien belles choses mais aussi tiré beaucoup d'enseignements sur le plan de l'organisation et du déroulement des projections; mais il est vrai que le déplacement et le séjour en Grande-Bretagne reviennent malheureusement plutôt cher. Gérard Desroches |
