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Le courrier des lecteurs


Diaporama numérique : une première mondiale !
[ Jean-Paul Petit ]

Voir aussi la rubrique "Articles et documents"

 
  Le diaporama entièrement numérique est né officiellement le 28 septembre 2002 à Cirencester (UK), au cours du 15e festival audiovisuel organisé par la "Royal Photographic Society". En effet, pour la première fois au monde, un festival classique de diaporama comportait une section "digital" en compétition.

Catégorie à part dans le programme et dans la compétition, le jury a néanmoins distribué quelques prix sans tenir comte de cette ségrégation et, à la fin de la manifestation, les participants, par un vote à l'unanimité, ont proposé d'intégrer sans distinction le diaporama numérique dans les éditions ultérieures.

Mais tout d'abord, qu'est ce qu'un diaporama numérique ?
Il s'agit d'une séquence audiovisuelle à base d'images fixes numériques, portée par une bande son numérique, construite avec un logiciel numérique et projetée à l'aide d'un vidéo projecteur. Par rapport au diaporama que nous connaissons, le support argentique est supprimé et remplacé par l'ordinateur de A à Z.

Quelles sont les différences entre le diaporama traditionnel, à base de diapositives, et le diaporama entièrement numérique ?
Au niveau du son, c'est exactement la même chose puisque, depuis plusieurs années déjà, le traitement de la bande-son est réalisé avec l'ordinateur dans la plupart des cas.

Au niveau de l'image sur l'écran, il n'y en a pas (ou guère) non plus. L'image numérique est aussi grande et plus lumineuse que l'image argentique. À quelques mètres de l'écran, il est impossible de distinguer les pixels à l'œil nu. Grâce à une définition de 1024x768 pixels, la qualité de l'image est très proche de celle que nous connaissons avec les diapositives. C'est en tout cas tout à fait acceptable en grande salle.

En revanche, cette technique repousse à l'infini les limites du diaporama. Tout est désormais possible : les effets de troisième image, les fondus en mouvement permanent, les superpositions parfaites, constituent bien évidemment les bases, en continuité avec le diaporama traditionnel.

Mais en plus de nouvelles portes sont ouvertes : les fondus (ou modifications) partiels de l'image, le passage du noir et blanc à la couleur, ou l'inverse, certains mouvements (tremblement des feuilles d'arbres sous le vent, mouvements des nuages dans le ciel, effets de pluie ou de neige, mouvements simples de personnages dans le même esprit que les "gifs animés" du net...). Bref, toute la panoplie d'outils des logiciels de traitement d'image et de vidéo sont désormais utilisables pour les besoins du scénario d'un diaporama.

Peut-on toujours appeler ça du diaporama ?
Oui, évidemment bien sûr, la discussion sur la définition est ouverte.
N'oublions toutefois pas que, depuis la nuit des temps, le diaporama s'est toujours adapté à la technologie mise à sa disposition. Selon les propos de Charles Vassallo, la discussion sur l'appellation n'a pas d'importance (lire le débat sur l'avenir du diaporama sur le site Objectif Image Paris-Ile de France - rubrique diaporama).
C'est l'auteur lui-même qui décidera du nom à donner à son œuvre (diaporama, vidéo, ou autre chose). Là n'est pas la question.
Certes, pendant quelque temps le risque de voir les auteurs explorer et tester tous les effets possibles au détriment de la profondeur et de la solidité des scénarios existe. Mais le diaporama restera un moyen d'expression et, grâce à ces nouvelles possibilités, l'avenir est plein de promesses.

Pourquoi les diaporamistes britanniques se sont-ils, davantage que les continentaux, engagés sur la voie du tout numérique ?
Plusieurs directions sont à examiner.

Sur le Continent :
La manipulation numérique des images est restée assez peu utilisée, en raison du coût élevé du transfert sur film diapo d'un fichier numérique.
Mais surtout, depuis plusieurs années, l'amélioration de la projection (principalement de la fluidité entre les fondus d'images) s'est traduite par l'adjonction d'un ou deux projecteurs. Les fabricants (Bässgen, Stumpfl, Electrosonic) ont proposé des logiciels de pilotage plus évolués, permettant d'utiliser très facilement 3 ou 4 projecteurs, et les auteurs ont suivi. Le coût des nouveaux logiciels, des projecteurs supplémentaires est vraisemblablement un frein au développement d'une technologie radicalement différente pour ceux qui ont investi. Ce sont d'autres auteurs qui devront faire évoluer le diaporama ici.

En Grande-Bretagne :
En raison de l'existence dominante de l'ensemble intégré de deux projecteurs "Royale" dans le monde amateur, la projection en 3 ou 4 projecteurs ne s'est pas autant développée que sur le continent. La plupart des auteurs sont restés fidèles au "2 projecteurs" de base.
Parallèlement, pour résoudre le même problème de fluidité que sur le continent, plusieurs "pionniers" se sont penchés sur la solution numérique : Peter Coles, Ian Bateman et d'autres, ont investigué le monde des logiciels et découvert au profit des diaporamistes des programmes tels que "PicturesToExe", "Globfx", ou "Power Point" qu'ils utilisent désormais avec assez de maîtrise pour enchaîner les images et les transitions de leurs diaporamas. [ndlr : voir l'article de M. Guidicelli qui dresse un panorama des principaux logiciels.]

Dans le même temps, Colin Balls faisait évoluer sa production de lanterne double vers une "Royale tout numérique", ensemble compact comprenant un ordinateur, une carte graphique, un système d'amplification et un vidéo projecteur de qualité. Cette recherche lui permettait de franchir un certain nombre d'obstacles techniques tels que fluidité des fondus, tailles des mémoires, vitesse des processeurs.

Aujourd'hui, en Grande-Bretagne, le matériel de projection est au point, les premiers auteurs sont à même de produire des diaporamas numériques à un stade dépassant celui de l'expérimentation, tout est prêt pour le départ d'une nouvelle aventure pour l'image fixe projetée. Le 15e Festival audiovisuel de la RPS a été un événement phare pour l'avenir du diaporama.


Il est donc dommage que les auteurs français n'y participent pas en plus grand nombre (les trois grands prix ont pourtant été attribués à des diaporamas non britanniques). Est-ce seulement en raison de l'absence du patronage FIAP ? Si c'est le cas, c'est alors un signe supplémentaire de la décadence du diaporama ici, en opposition avec la vitalité dont il fait preuve Outre-Manche.

Jean-Paul Petit

 
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