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Le courrier des lecteurs


Échos du 34ème gala de diaporamas d'Objectif Image Paris
en particulier sur le numérique



 
Une institution

Il y a une trentaine d'années (aïe, que le temps passe !), c'est grâce au gala de diaporamas des "PTT de Paris" que j'ai découvert cette discipline... Comment étais-je arrivé là ? Je ne sais plus, en revanche je me souviens encore très bien de quelques montages, de nombreuses images, et de l'espèce de révélation que ce fut pour moi... Cette manifestation est donc une sorte d'institution dans le monde du Diaporama.
Même si l'appellation du club organisateur a changé, même si la salle de projection a changé, l'institution est, en ce début d'année 2003, restée fidèle à sa réputation. Pas mal pour un 34ème anniversaire !

Le décor

Le Studio Raspail, ancien cinéma rénové et classé monument historique, est parfaitement adapté à notre discipline. La salle de projection a des fauteuils confortables, la visibilité est très bonne (sauf du balcon), elle est ni trop grande, ni trop petite – et ses 250 places étaient quasiment toutes occupées à la séance du samedi après-midi à laquelle j'ai assisté. Un hall d'entrée assez spacieux, un coin bar, tout cela facilite la convivialité des rencontres et discussions d'avant et d'après projection, grande spécialité des diaporamistes. La cabine de projection semble un peu exigüe, mais elle n'a pas empêché les projectionnistes de faire un "sans faute". L'écran de plus de 4 mètres de base remplit toute la largeur de la scène, pourtant on aimerait qu'il soit un peu plus grand, et la sonorisation est d'excellente qualité.

Le spectacle

Tous les montages se sont enchaînés sans bavure et sans temps morts, avec une présentation à la fois sobre et efficace. Je ne vais pas parler des 12 diaporamas présentés puisque la plupart ont été primés dans les festivals de l'année précédente et sont donc bien connus – vous trouverez ci-contre la liste des six montages ayant recueilli le plus de suffrages du public sur les trois séances.

La nouveauté

Cette année, la grande nouveauté annoncée par Objectif Image était la "projection d'un diaporama entièrement numérique"; il ne s'agissait pas d'un diaporama mais de trois - on ne va pas se plaindre de cette erreur d'adjectif numéral ! En fait, la nouveauté résidait dans la projection sur grand écran, dans les mêmes dimensions que les diaporamas traditionnels, de diaporamas numériques.

Je ne ménagerai pas le suspense inutilement et déclare tout de suite que j'ai été "bluffé", impressionné par la qualité "technique" de ce que j'ai vu sur l'écran, et mes voisins (photographes avertis, je le signale au passage) aussi. Si c'était le but de l'opération, eh bien c'est réussi ! Nous étions au fond de la salle et, de là, les projections numériques étaient de la même qualité, voire de meilleure qualité en termes de luminosité, que ce que nous avions vu quelques instants plus tôt avec les projecteurs habituels. Des spectateurs assis vers le milieu de la salle ont porté le même jugement.

A noter qu'en plus des deux montages britanniques (un de Colin Balls et un de Peter Coles), a été présenté un montage français réalisé par J.P. Durand. Cela m'a fait regretter que les organisateurs n'aient pas projeté l'un des montages numériques de Maurice Guidicelli, par exemple "Les larmes des cherchefs" dont la version "normale" était justement au programme de ce gala; dommage de ne pas avoir profité de cette occasion pour nous permettre de voir consécutivement les deux versions d'un même montage.

Le matériel

Dès la fin de la projection, nombreux furent les spectateurs qui se propulsèrent à l'avant de la salle pour voir de près cette "lanterne magique" installée au deuxième rang, une boîte carrée d'environ 25 cm de côté, surmontée d'une petite excroissance : le projecteur vidéo.

Rien de bien magique pourtant; il s'agit de composants que l'on trouve dans tout PC, mais de qualité et présentés sous une forme inhabituelle, particulièrement compacte et pratique. Colin Balls, intégrateur astucieux, a ajouté le vidéoprojecteur, dont je parlerai plus loin, un petit amplificateur et deux hauts parleurs afin que l'utilisateur ait sous la main tout ce qu'il faut pour assurer une projection dans une petite salle sans souci de branchements divers. Bien vu ! Au Studio Raspail, la sortie son de ce PC était raccordée sur la sonorisation de la salle car les deux hauts parleurs intégrés n'auraient évidemment pas été suffisants.

En fait, les deux éléments les plus importants pour projeter un diaporama numérique sont, d'une part, le logiciel permettant de réaliser le montage et, d'autre part, le projecteur vidéo.
Le logiciel utilisé pour les trois montages était le même, à savoir PicturesToExe que nos lecteurs commencent à bien connaître grâce à Maurice Guidicelli et qui coûte moins de 25 € (oui, vous avez bien lu et non, il n'y a pas d'erreur).

Le projecteur vidéo est l'élément crucial de la projection numérique. Heureusement, des progrès considérables ont été réalisés récemment dans ce domaine et il est maintenant possible de trouver des projecteurs de qualité suffisante pour projeter sur 4 m de base, à un coût à partir de 3000 €. Parmi l'offre qui commence à devenir pléthorique, il n'est pas facile de s'y retrouver; aussi sachez que les deux points capitaux à surveiller sont d'une part le rapport de contraste qui doit être le plus élevé possible (800:1, dans le cas de celui utilisé ici), ce que permet la technologie DLP, et la résolution (XGA, soit 1024x768).

Bien entendu, d'autres caractéristiques comptent également, mais sont moins essentielles que les précédentes, comme la luminosité (800-1000 ANSI lumens minimum conseillé), la focale et la luminosité de l'optique, le type de lampe, la présence ou non d'un zoom, d'une télécommande, les possibilités de réglage, les menus, etc. Evidemment, plus on ajoute de caractéristiques de pointe et plus le prix grimpe ! Un autre élément non négligeable est que le projecteur permette de rattraper les déformations de l'image projetée : comme le projecteur doit être installé assez près de l'écran (les focales sont en général courtes, sauf sur les matériels plus professionnels destinés aux grandes salles), on ne pourra pas le placer à la bonne hauteur si on ne veut pas gêner les spectateurs. Il va donc s'ensuivre une déformation en trapèze (keystone effect, dit-on en anglais, vous le trouverez assez souvent dans la documentation quand celle-ci est mal traduite) que l'on doit pouvoir corriger pour retrouver une image rectangulaire.

Bref, comme vous pouvez le voir sur les images ci-contre, le projecteur vidéo monté par Colin Balls au-dessus de sa boîte-ordinateur est vraiment petit (une vingtaine de centimètres de long) et pourtant il nous a livré des images étonnantes de luminosité et de définition. Cette performance est essentiellement due à la technologie "DLP" (brevet de Texas Instruments) qui se généralise sur des projecteurs de différentes marques.

Et le prix ?

L'ensemble "Royale Digital" est commercialisé par C. Balls au prix de 4000 £. Je vous laisse le soin de faire la conversion mais j'estime que, par rapport aux prix pratiqués en France ou en Belgique, c'est un peu cher. Evidemment, il s'agit d'un ensemble "tout en un", bien pensé, bien fini, très commode et tout et tout comme je l'ai souligné ci-dessus, mais le niveau des prix en Grande-Bretagne ne semble pas être le même que sur le continent.
Le contenu de la "boîte PC" est ce que l'on trouve dans tout PC moderne et raisonnablement performant. Dans la notice publiée par C. Balls dans la revue AV World, je lis : carte-mère ATX, processeur Intel Pentium III 866 MHz, 512 Mo de RAM, disque dur de 20 Go, lecteur de CD 32x. Le modèle présenté au gala était plus performant puisqu'il avait un processeur AMD Athlon (mais qui chauffe plus que le Pentium) cadencé à 1,8 GHz, ainsi qu'une carte graphique plus "musclée". Allez voir dans votre magasin favori à quel prix vous trouvez la même chose.

Si vous disposez déjà d'un PC – et si vous lisez ces lignes il y a de grandes chances pour que vous en ayez un !–, il suffira de rajouter le projecteur vidéo (nécessaire uniquement pour des présentations en public, évidemment) et, éventuellement, d'ajouter de la mémoire RAM et de monter une carte graphique plus performante pour supporter un affichage de 1024x768 et/ou si vous trouvez que les fondus manquent de fluidité. En outre, un PC indépendant vous servira à autre chose qu'à fabriquer des diaporamas. En revanche, un organisateur de festivals, galas et autres manifestations publiques, trouvera certainement son compte à disposer d'un ensemble aussi pratique à transporter et à installer.

C. Balls a assemblé un système performant et d'un "confort" d'utilisation étonnant; mais si vous avez déjà un ordinateur assez récent et si quelques câbles ne vous rebutent pas, je pense que vous pouvez non seulement réaliser mais aussi projeter sur grand écran des diaporamas pour un coût moindre, à condition d'accorder un soin extrême au choix du projecteur vidéo.

Alors ?

Eh bien, je suis persuadé que l'avenir du diaporama passe par le numérique. Je ne dis pas que le diaporama "argentique" va ou doit disparaître, mais j'affirme que si l'on veut assurer la pérennité de notre discipline en y attirant des jeunes (c'est peut-être une banalité mais je vois mal comment le diaporama pourrait avoir un avenir si les jeunes ne s'y mettent pas), le seul moyen est le numérique en parallèle avec l'argentique. Le coût du matériel est compris entre la moitié et le tiers (suivant le nombre de projecteurs de diapositives) du matériel plus ou moins équivalent; la facilité d'emploi est évidente tant au stade de la réalisation qu'à celui de la projection; les possibilités d'échange (par CD ou via internet) sont sans commune mesure avec ce qu'on peut faire en "argentique"; et enfin, à condition d'avoir des idées, les possibilités de création sont infiniment plus grandes pour un coût quasi nul.

J'en veux pour preuve les réactions "à chaud" de quelques photographes-internautes que j'avais fait venir à ce gala, ainsi qu'au festival de Saint-Chamond (où, à côté du festival proprement dit, M. Guidicelli présentait ses réalisations sur ordinateur). Ils n'avaient jamais vu de diaporamas et en avaient même une image plutôt ringarde, il faut bien le dire.
Premier point, ils ont été conquis par ce moyen d'expression qu'est le Diaporama. Deuxième point, ils ont envie de s'y mettre. Troisième point, ils ne sont pas riches, n'ont pas de projecteurs de diapositives, n'ont pas de place chez eux, etc. Quatrième point, photographes et "internautes", ils ont un appareil photo, argentique ou numérique (ou les deux), un ordinateur, un scanner, ils savent s'en servir et maîtrisent bien les techniques de l'image numérique. Quand ils ont appris que, pour moins de 25 € (coût du logiciel), ils pouvaient s'essayer au diaporama, ils n'ont pas hésité : 24 heures après ces projections, certains avaient déjà essayé le logiciel et fait leurs premiers enchaînements ! Pouvons-nous leur proposer la même démarche en diaporama "traditionnel" ? Je pose la question mais j'ai déjà ma réponse personnelle !

Conclusion

Puisqu'il faut une conclusion à tout article, j'en ferai deux.
La première : Depuis quelque temps, j'ai à nouveau grande confiance dans l'avenir du diaporama grâce à la relève que les jeunes vont assurer s'ils découvrent le diaporama numérique.
La deuxième : Je remercie Jean-Paul Petit d'avoir organisé cette présentation dans le cadre de l'une des plus anciennes manifestations de diaporamas "traditionnels".

Gérard Desroches



Résultats du vote du public (extrait) :

  1. Ver-vert de Jean-Marie Lafon-Delpit (344)
  2. Printemps chez les grèbes de André Simon (315)
  3. Les larmes des cherchefs de Maurice Guidicelli (292)
  4. Transes sibériennes de Jean-Marie Coupriaux (248)
  5. Lacrima de Ricardo Zarate (174)
  6. Opineris de Philippe de Lachèze-Murel (163)






Ver-Vert
Ver-Vert (photo d'écran)







C. Balls

Colin Balls
et sa "lanterne magique"


Royale Digital




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